Charlie Hebdo accuse …le client.

Il y’a des personnes comme ça nous déçoivent, parce qu’elles signent une pétition à la con, d’autres dont on n’attendait rien d’autre mais certaines personnalités de l’ombre se démarque parfois et font exploser les vérités qu’ils savent dire avec un style parfait. Je viens de lire cet article de Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo et porte-parole de nos bien aimés « Zéromacho ». Sublime !

 

 » Touche pas à ma bite!13 Nov 2013 par Gérard Biard. 

La mode est aux pétitions de volatiles. Après les «pigeons» entrepreneurs, les «poussins» auto-entrepreneurs, les oies gavées du foot, et en attendant les vautours de la finance, voici la révolte des coqs de bordel. Soit «343 salauds» autoproclamés qui s’élèvent contre la proposition de projet de loi (PPL) visant à pénaliser les clients de la prostitution, via un manifeste titré «Touche pas à ma pute!», où l’adjectif possessif prend tout son sens. Double détournement, donc, l’un d’un mouvement pour l’égalité — «Touche pas à mon pote!» —, l’autre pour la défense du droit à l’IVG — «le manifeste des 343». Particulièrement gonflé, donc, s’agissant ici de défendre la «liberté» du brave gars qui va se vider la misère sexuelle — c’est le mot savant pour «couilles» — entre deux camions, dans une Ghanéenne à peine majeure shootée jusqu’aux yeux. Laquelle Ghanéenne en est à sa quinzième passe de la soirée. Et la nuit est longue quand on est au service de la liberté — mais, en contrepartie, la vie est courte…

Attention, ces «salauds» ne sont pas pour autant des monstres. Ils n’aiment «ni la violence, ni l’exploitation, ni le trafic des êtres humains», et ils attendent «de la puissance publique qu’elle mette tout en œuvre pour lutter contre les réseaux et sanctionner les maquereaux». Mais le brave gars, toujours lui, qui est la raison d’être du commerce desdits maquereaux, pas question de lui coller une amende ni de lui rappeler, stage à l’appui, qu’il participe activement à l’un des trafics les plus dégueulasses — et les plus lucratifs — qui soient. Car l’État n’a pas à se mêler de la sexualité des citoyens.

Pourtant, il le fait déjà. Quand il légifère sur le harcèlement sexuel ou sur le viol, par exemple —«répression» au service du «sexuellement correct» ? Il rentre même carrément dans les chambres à coucher quand il pénalise le viol conjugal. Pourquoi devrait-il s’interdire d’agir sur le viol commercial? Parce que c’est du commerce? Il est vrai que, en l’état actuel de la loi, le seul cas où le consommateur d’être humain risque une amende, c’est s’il paye en fausse monnaie… Et puis, il faudrait savoir: si l’on considère que la prostitution est un travail comme un autre, il faut admettre que la sexualité est un domaine comme un autre, sur lequel l’État a toute légitimité à se prononcer, dans le cadre du débat démocratique.

Ces hérauts de la liberté qui s’enorgueillissent d’aimer la littérature — dont on se demande ce qu’elle vient faire là — invoquent «le consentement de [leurs] partenaires», dont ils ne sauraient
se passer «sous aucun prétexte». Cela va sans dire. Il semblerait toutefois que ces fins lettrés aient oublié de lire les quelques milliers de pages qui ont été écrites sur le consentement, qui n’a rien à voir avec le choix. On s’étonne aussi que ces amateurs de belles-lettres et d’esprits élevés, dont certains se réclament des Lumières, ignorent qu’une liberté qui s’exerce aux dépens d’autrui, ça s’appelle un privilège.

C’est le mérite, paradoxal, de ce manifeste: il dévoile de manière éclatante ce qui se dissimule derrière le discours réglementariste sur la prostitution. Ce n’est évidemment pas de la liberté des femmes à disposer de leur propre corps qu’il est question, mais bien du privilège des hommes de disposer du corps des femmes. L’anthropologue Françoise Héritier a parfaitement résumé le problème: «Dire que les femmes ont le droit de se vendre, c’est cacher que les hommes ont le droit de les acheter.»

À leur décharge, il faut reconnaître que nos «salauds» ne cherchent pas à cacher grand-chose. Ils ont signé un texte titré «Touche pas à ma pute!», mais dont chaque ligne clame en fait «touche pas à ma bite!». Et sans rire, en plus. Allons, les gars, un peu de modestie… Remettez vos choses à leur place, à savoir entre vos jambes, et non pas au centre de l’Univers, et cessez de vous croire obligés de soutenir la civilisation à la force de votre virilité. Ça reposera tout le monde, vous les premiers. « 

 

Retrouvez l’article ici

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