Charlie Hebdo accuse …le client.

Il y’a des personnes comme ça nous déçoivent, parce qu’elles signent une pétition à la con, d’autres dont on n’attendait rien d’autre mais certaines personnalités de l’ombre se démarque parfois et font exploser les vérités qu’ils savent dire avec un style parfait. Je viens de lire cet article de Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo et porte-parole de nos bien aimés « Zéromacho ». Sublime !

 

 » Touche pas à ma bite!13 Nov 2013 par Gérard Biard. 

La mode est aux pétitions de volatiles. Après les «pigeons» entrepreneurs, les «poussins» auto-entrepreneurs, les oies gavées du foot, et en attendant les vautours de la finance, voici la révolte des coqs de bordel. Soit «343 salauds» autoproclamés qui s’élèvent contre la proposition de projet de loi (PPL) visant à pénaliser les clients de la prostitution, via un manifeste titré «Touche pas à ma pute!», où l’adjectif possessif prend tout son sens. Double détournement, donc, l’un d’un mouvement pour l’égalité — «Touche pas à mon pote!» —, l’autre pour la défense du droit à l’IVG — «le manifeste des 343». Particulièrement gonflé, donc, s’agissant ici de défendre la «liberté» du brave gars qui va se vider la misère sexuelle — c’est le mot savant pour «couilles» — entre deux camions, dans une Ghanéenne à peine majeure shootée jusqu’aux yeux. Laquelle Ghanéenne en est à sa quinzième passe de la soirée. Et la nuit est longue quand on est au service de la liberté — mais, en contrepartie, la vie est courte…

Attention, ces «salauds» ne sont pas pour autant des monstres. Ils n’aiment «ni la violence, ni l’exploitation, ni le trafic des êtres humains», et ils attendent «de la puissance publique qu’elle mette tout en œuvre pour lutter contre les réseaux et sanctionner les maquereaux». Mais le brave gars, toujours lui, qui est la raison d’être du commerce desdits maquereaux, pas question de lui coller une amende ni de lui rappeler, stage à l’appui, qu’il participe activement à l’un des trafics les plus dégueulasses — et les plus lucratifs — qui soient. Car l’État n’a pas à se mêler de la sexualité des citoyens.

Pourtant, il le fait déjà. Quand il légifère sur le harcèlement sexuel ou sur le viol, par exemple —«répression» au service du «sexuellement correct» ? Il rentre même carrément dans les chambres à coucher quand il pénalise le viol conjugal. Pourquoi devrait-il s’interdire d’agir sur le viol commercial? Parce que c’est du commerce? Il est vrai que, en l’état actuel de la loi, le seul cas où le consommateur d’être humain risque une amende, c’est s’il paye en fausse monnaie… Et puis, il faudrait savoir: si l’on considère que la prostitution est un travail comme un autre, il faut admettre que la sexualité est un domaine comme un autre, sur lequel l’État a toute légitimité à se prononcer, dans le cadre du débat démocratique.

Ces hérauts de la liberté qui s’enorgueillissent d’aimer la littérature — dont on se demande ce qu’elle vient faire là — invoquent «le consentement de [leurs] partenaires», dont ils ne sauraient
se passer «sous aucun prétexte». Cela va sans dire. Il semblerait toutefois que ces fins lettrés aient oublié de lire les quelques milliers de pages qui ont été écrites sur le consentement, qui n’a rien à voir avec le choix. On s’étonne aussi que ces amateurs de belles-lettres et d’esprits élevés, dont certains se réclament des Lumières, ignorent qu’une liberté qui s’exerce aux dépens d’autrui, ça s’appelle un privilège.

C’est le mérite, paradoxal, de ce manifeste: il dévoile de manière éclatante ce qui se dissimule derrière le discours réglementariste sur la prostitution. Ce n’est évidemment pas de la liberté des femmes à disposer de leur propre corps qu’il est question, mais bien du privilège des hommes de disposer du corps des femmes. L’anthropologue Françoise Héritier a parfaitement résumé le problème: «Dire que les femmes ont le droit de se vendre, c’est cacher que les hommes ont le droit de les acheter.»

À leur décharge, il faut reconnaître que nos «salauds» ne cherchent pas à cacher grand-chose. Ils ont signé un texte titré «Touche pas à ma pute!», mais dont chaque ligne clame en fait «touche pas à ma bite!». Et sans rire, en plus. Allons, les gars, un peu de modestie… Remettez vos choses à leur place, à savoir entre vos jambes, et non pas au centre de l’Univers, et cessez de vous croire obligés de soutenir la civilisation à la force de votre virilité. Ça reposera tout le monde, vous les premiers. « 

 

Retrouvez l’article ici

Publicités

Zéro Macho, la science exacte du « tout est dit »

Nous ne sommes pas mortes, nous n’avons pas oublié notre combat contre les forces machistes. Rien de tout cela. Vous connaissez ce pâle quotidien qui s’organise et s’étale entre des activités fort passionnantes : métro-fac-boulot-dodo. Il y’a deux semaines j’ai voulu écrire sur les Salopards Zemmour et Beigbeder mais les mots ne sont pas venus. Les insultes fusaient à travers les lignes et les phrases s’écrivaient désorganisées, molles, convenues. Bref, j’ai préféré les ignorer, les laisser dans leur crasse informe et immonde ces salopards infâmes. Je savais, deep down, que les bons mots viendraient en temps voulu. Je suis usée de devoir débattre avec des gens dont les représentations sont cristallisées dans les méandres d’un vieux fantasme patriarcal selon lequel un homme aurait un droit illimité au sexe et que pour cela des femmes devraient être à leur disposition.

Alors BIG UP à ZéroMacho collectif masculin anti-machisme. Merci de savoir toujours appuyer sur les vertèbres douloureuses de notre société. Merci de faire craquer les idées reçues et laisser éclater, sous la couche des illusions, les réalités qui effraient et qui pourraient ne pas être.

Alors je vous laisse à cette petite vidéo signée Zéro Macho, regardez, likez, commentez.

Tout est dit.

Cachez-moi ces rondeurs que je ne saurais voir (VOLUME II)

Image

Avant de m’envoler vers les montagnes andalouses j’avais clamé mon indignation suite aux propos de l’islamo conservateur turc…Omer Tugrul Inançer qui disait que la vue des femmes enceintes lui était insupportable. En réalité, je me suis rendue compte, que le dégout de la femme enceinte, telle qu’elle est dans sa réalité la plus brute, était bien plus présent qu’on ne le pensait. De manière plus sournoise et insidieuse. Suivez-moi mes amis.

Notre société occidentale, obsédée par l’image du corps, rejette totalement celui de la (vraie) femme enceinte. Tout simplement parce que la femme doit être de telle ou telle proportion et que la grossesse vient entraver un idéal de poids et d’apparence. N’avez-vous jamais entendu des remarques, venant d’hommes ou de femmes, sur les post-grossesses « hum dis-donc, elle n’a pas encore perdu tous ces kg de grossesse ». Il suffit de lire les tabloïds pour réaliser le déni du corps en gestation : Tous affichent les régimes des starlettes qui, enceintes se sont imposées des régimes draconiens et dangereux aussi bien pour elles que pour leurs progénitures. Et l’on vante la perte rapide de tous les kgs « Comment Gisèle/Beyonce/Shakira/Kim Kardashian/Kate Middleton a perdu ses XX kg en deux mois ». Dans voici –où je puise un bon nombre de mes indignations- Victoria Beckham était fière d’afficher au septième mois de grossesse un ventre digne du quatrième mois. Et là on plaint le pauvre marmot plié en quatre.

Ce conformisme de femme idéale pousse le vice jusque dans les collections de vêtements de grossesse. Les stylistes refusent que de vraies femmes enceintes illustrent les collections car elles ont trop de cuisses, trop de seins et que finalement, la grossesse comme phénomène de mode ne comprend que le petit ventre, légèrement arrondi (pas trop quand même les gars). Quand la mode chuchote à l’oreille des femmes le dégout d’elles-mêmes…

De ce fait, s’étend dans nos contrées le phénomène navrant de « Mommyrexie ». Il touche surtout les maman-stars mais aussi des femmes enceintes lambdas qui sont influencées par la dictature corporelle imposées par les publicités, les photographies et le show-business. Manquant d’un recul considérable, elles développent une forme de dépression alimentaire : l’anorexie au cours de la grossesse. La suite est loin d’être glamour : risques pour la mère et pour le bébé et séquelles indélébiles pour l’enfant.  Le phénomène est d’autant plus dangereux qu’il a été étudié chez des femmes qui n’avaient jamais présenté de trouble du poids ni de l’alimentation.  Juste des femmes normales qui en comparant leur propre corps à celui des femmes enceintes des magazines se trouvent anormales, ont peur du soi-disant « laisser-aller ». Même si  58 % des mommyrexiques font partie du show-business il n’en reste pas moins qu’imposer une image stricte de la femme enceinte relève d’une connerie indescriptible.

J’ai également lu cet été (c’est fou le nombre de connerie qu’on lit l’été) que de nombreuses stars se sont fait opérer le jour même de leur accouchement : abdominoplastie, mammoplastie, liposuccion…malgré les avis médicaux défavorables. Les obstétriciens s’accordent tous pour dire qu’il faut attendre avant de se remettre  à la pratique d’un sport pour que tout se remette NATURELLEMENT en place. Mais business is business…

Il faudrait quand même leur dire à ces femmes que oui, le désir d’enfant passe par la grossesse et que la grossesse OUI ça fait grossir, s’arrondir…Que ce n’est pas une honte. Et il faudrait leur dire également qu’elles sont sous les feux des projecteurs et que le monde entier les regarde, prend note, glorifie et parfois imite. Et c’est là que c’est dangereux.

Jul

Photographie : par Laura Mottin 

Cachez ce ventre (rond) que je ne saurais voir …

C’est en d’autres termes que le « philosophe » islamiste turc Omer Tugrul Inançer a exprimé le profond dégoût que lui inspirait la vue d’une femme enceinte. Sur la chaîne turque TRT il a en effet déclaré : « Voir des femmes enceintes n’est pas seulement immoral mais aussi laid […] après sept-huit mois les femmes devraient sortir avec leur mari prendre l’air, mais pendant la soirée. » Ainsi parlent les cons.

Immoral, dit-il…. Pourquoi serait-ce immoral ? Parce qu’elles portent la vie ou parce qu’elles ont fait l’amour ? L’un n’arrivant pas sans l’autre, c’est donc bien la vie qu’il condamne par la réalisation d’un acte selon lui, sale pour la femme et pourtant ô combien jouissif pour l’homme…Il va falloir m’expliquer une bonne fois pour toute cet inutile paradoxe.

Si la grossesse, prélude à l’enfantement, vous rebute tellement monsieur Inançer, et bien demandez à vos consœurs de faire la grève du sexe. Une sorte de Lysistrata  à la turque : plus de ventre rond, plus de sexe. Nous verrons bien qui sera le premier à trouver la situation absurde…

Non, les femmes enceintes ne sont pas immorales, et encore moins laides…non, je n’ai jamais été agressée visuellement à la vue de leur ventre rond. Au contraire d’ailleurs, je les trouves plutôt mignonnes et touchantes.

Dans le fond, je plains monsieur Inançer, comme tous les autres hommes de son genre qui, ne comprenant rien aux mystères utérins jalousent les femmes dans leur rapport à la vie. On dira ce qu’on voudra, dans ses propos je lis avant tout une profonde frustration de ne pas parvenir à maîtriser cette composante féminine. Peut-être devrions nous lui rappeler qu’avant d’être un penseur vindicatif il fut un petit têtard dans un ventre de femme. A moins qu’il ne soit encore persuadé de la légende prude des cigognes blanches…

Mais dans le fond ses propos permettent à nouveau au peuple turc de montrer sa désapprobation envers l’islamo-conservatisme. Aussitôt ces mots diffusés, les femmes enceintes sont sorties dans les rues pour y exhiber leurs ventres ronds. Des hommes se sont joint à la chaîne, dissimulant sous leur t-shirt des coussins, symbole de maternité, symbole de féminité, symbole de solidarité. Merci au peuple turc de dire non, de refuser les codes archaïques. J’irai volontiers faire une petite virée près de chez vous…

Image

Image

ImageImage

Jul

« Le temps ne fait rien à l’affaire » …

Je fais partie de cette catégorie de personnes qui partent toujours un peu à l’aventure dès qu’elles prennent les transports en commun. Et en général, j’adore ça : rencontrer des gens sympas, fous, intelligents, tous aussi différents les uns que les autres pour des moments éphémères, j’aime penser qu’il y a là quelque chose de presque poétique. Mais malheureusement, on ne tombe pas sur des individus agréables à chaque fois, il suffit de songer au harcèlement de rue ou aux mains aux fesses dans le métro pour s’en rappeler.

Pourtant, alors que je suis plutôt habituée, comme (scandaleusement) la plupart des femmes, aux inconvénients sus-nommés, j’ai été confrontée à un autre désagrément la semaine dernière qui m’a laissée aussi choquée que scandalisée. Mon entourage en a entendu parler pendant plusieurs jours, je peux vous le garantir.
Pour vous donner le contexte, je devais prendre un transilien pour rejoindre une bourgade du fin fond du 78, bien après Versailles, pour rejoindre ma mère. Partant pour un festival de musique le lendemain, je portais deux sacs assez lourds, une grande tente Kechua (celles qui prennent une place monstre) et mon sac à main. Entre mon équilibre précaire, mon aspect débraillé et la transpiration due aux 50° et à ma course effrénée pour ne pas rater le train, autant vous dire que je n’étais pas vraiment au summum du glamour. Je m’installe donc sur un strapontin, au niveau de l’entrée, pour pouvoir surveiller mes affaires. Je sors un livre pour travailler mon mémoire, et attends.

Cinq minutes avant le départ, un vieil homme, 70 ans, peut-être 80 – je ne suis vraiment pas douée pour donner un âge aux gens en général – monte dans le train avec sa valise, me regarde en souriant, et vient s’asseoir à côté de moi, sur un petit strapontin tout proche, donc, et non sur un siège plus confortable alors que le train est vide. Même si je hausse un sourcil, je n’y prête pas trop attention. Sauf que voilà, le monsieur en question commence par me poser des questions sur le trajet, sur les villes que l’on va traverser, sur le décor, et il ne se lasse pas malgré mes réponses de plus en plus courtes – j’essayais de travailler, là, papi. Avec les remous du train et l’équilibre un peu précaire sur les strapontins, il commence à frotter ses cuisses et ses épaules contre les miennes, mais je me dis qu’il ne fait pas exprès. Jusqu’à ce qu’il pose sa main sur ma cuisse, que je m’empresse d’enlever, avec un regard un peu halluciné, genre « t’es sérieux, là ? ». Mais le bougre continue, m’appelant allégrement « mon petit », alors que je fais 1m80 et que j’ai une carrure de nageuse, donc ça peut surprendre, voyez. Il me demande si je suis mariée, sourit tout content à ma réponse négative, et continue à se rapprocher. Le comble, je crois, c’est quand il m’a tendu sa bouche toute ridée quand je me suis levée pour descendre à mon arrêt et sa tête surprise quand j’ai refusé de l’embrasser. Il était SURPRIS : j’ai cru que j’allais le tuer.

Sauf que c’est bien ça, le problème : je n’ai rien fait, à part m’enfoncer dans la porte pour m’éloigner de lui et prier pour que le train accélère un peu. Et je crois bien que c’est ce qui m’énerve le plus, dans cette histoire. Je me suis posée la question, après, sur les raisons de mon inaction. Je suis plutôt une fille vindicative en général, et je pense que si le monsieur avait été un jeune, je lui aurais mis une claque, ou je l’aurais envoyé se faire voir bien violemment, voire les deux en même temps. Mais là, rien d’autre que des regards agacés. Est-ce parce que l’on m’a inculqué le respect des personnes âgées jusqu’à l’outrance, ou parce que l’on vit dans une société où les femmes sont blasées par ce genre de scène ? Je n’en sais rien, ce que je sais, c’est que je me suis sentie sale en sortant de ce foutu train, et que ce n’est pas normal. Que personne ne devrait subir ce genre de choses. Si besoin était, cela montre qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire en terme d’égalité femmes-hommes et de représentation du sexe féminin : « t’as cru que j’étais un bout de viande fraîche à ta disposition, ou comment ça se passe, vieux crouton ? » (ce que j’aurais rêvé de lui dire)

Alors oui, ça peut arriver à tout le monde, à des hommes aussi j’imagine, mais cet espèce de DSK décati ne devrait pas exister, et mériterait d’être remis à sa place, et j’espère sincèrement qu’une autre que moi le fera. Je voulais partager ma colère avec vous, vous dire que ça n’arrive pas qu’aux autres, et je vous encourage à avoir, peut-être, une meilleure réaction que la mienne.

Et le must du bonhomme : quand il m’a demandé ce que je lisais, après lui avoir bien fait comprendre que j’essayais de travailler mon mémoire, et que je lui ai répondu que c’était sur les femmes dans les pays arabes, il m’a regardé pendant quelques instants avec un regard ahuri, puis a sorti « sur les bougnouls ? C’est pas intéressant, ça ». Eh oui, un gros raciste en plus, combo gagnant !

Y’a pas à dire, notre Brassens national avait raison : « le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est CON ! »

Just

Marte Dakekv, le calvaire n’est jamais terminé.

 

 

Je ne sortirai probablement pas seins-nus pour obtenir la libération de Marte Dakekv, mais ma colère n’est pas moindre… Cette jeune architecte d’intérieure norvégienne s’est rendue à Dubaï pour un voyage d’affaire, en Mars dernier. Au cours d’une soirée entre collègues elle se fait violer, la descente aux enfers commence. Alors qu’elle décide de porter plainte son passeport et son argent lui sont confisqués. Les tribunaux de Dubaï l’accusent d’adultère (comme si c’était pire que de violer quelqu’un), d’avoir consommé de l’alcool et d’avoir tenté son violeur. La cerise sur le gâteau : Elle vient d’être condamnée à dix-huit mois de prison.

Je me demande quel fardeau est le plus lourd à porter : avoir été violée ou être rendu coupable de cette ignoble épreuve ? L’habitude n’apaise pas ma colère, les histoires se suivent, victimes et bourreaux se succèdent, et toujours les mêmes considérations : « Votre jupe était-elle courte ? » « Aviez-vous consommé de l’alcool ? ». Comme si les hommes étaient faibles et avaient tous les droits … et tant pis pour les brebis égarées, elles n’avaient qu’à pas se trouver là…

Dans leur monde d’hommes, où les lois se conjuguent au masculin, la femme n’est qu’un pion sous un voile… L’adultère – lorsqu’il est commis par la femme – est jugé plus sévèrement que le viol (WTF ???) Femme, petit objet, petite chose enfermée dans le giron masculin.

Je vous parle d’un Etat dans lequel la mini-jupe est prohibée, où se tenir la main constitue un délit. Un Etat surpuissant, qui achète notre silence et à qui on fait allégeance, au nom de l’argent au nom du pouvoir…

Cet article n’apportera rien à Marte Dakekv, ni aux Dubaïotes, mais aujourd’hui, demain, les jours suivant, pensons à elle, pensons à elles.

Jul

La pub s’en mêle (vol 1)

Yeah ! ça y est, enfin, le soleil est arrivé ! ça sent le monoï et le sable chaud. Même si, de là où je suis ça ne sent que le café et le diesel, j’imagine que c’est le moment où les amateurs de clubs de vacances vont aller s’entasser dans des hôtels pour apprendre, entre deux baignades, à faire des bougies qui sentent le sable de Bodrum ou à nouer son paréau à la mode égyptienne, tunisienne, niçoise…soit. Vous allez-me dire  » quel est le rapport entre les clubs et le féminisme ? ». En fait, il n’y en avait pas jusqu’à quelques jours.

Pour donner envie de rejoindre leur club, Pierre et Vacances, a présenté deux spots publicitaires dans lesquels les rôles des enfants et des parents sont inversés. Pourquoi pas ? Oui mais (Il y’a toujours un mais) le trait d’humour qui aurait pu à l’occasion me faire sourire est truffé de clichés sexistes. Indépendamment l’une de l’autre, ces publicités ne m’auraient pas forcément déplues. Mais elles se font échos, et c’est là que le bât blesse. Les petites filles et les petits garçons sont représentés avec tant de différences que les contraires raisonnent sans égalité, et toujours selon le même mode, suivant les mêmes clichés parasites.

Dans le premier spot, deux petites filles discutent dans un salon, cupcake et cup of tea s’imposent comme symbole de leur genre. Elles parlent fatigue, besoin de repos et nécessité de penser à elles, et rien qu’à elle. « Un sucre ? » entre dans la discussion, « Non merci, je fais attention. » Et hop, le sucre repart, il n’a rien à faire dans une discussion de femmes voyons. Gavons-nous d’aspartame…Dans leur petit univers, calfeutrée, tout est rose, leur vêtements, les gâteaux, les murs … tout. Forcément.

Dans le deuxième spot, deux petits garçons discutent dans un jardin. Autour d’une voiture, ils parlent burn out et les devoirs deviennent des « dossiers ». Bref, ce petit garçon n’en peut plus, mais heureusement grâce à Pierre et Vacances il pourra faire du golf.

Cup cake pour les unes, burn out pour les autres…

Je ne suis pas farouchement opposée aux cupcakes et d’ailleurs plutôt heureuse d’être loin du burn out. Le problème repose dans la représentation des sexes. Pourquoi la fille – future femme- serait-elle représentée oisive, enfermée dans un salon, avec pour seul sujet de discussion la perte de poids et comme unique projet la détente (spa), alors que l’homme serait afferé dans des dossiers et attendrait les vacances pour faire du sport. Cette publicité illustre très bien la dichotomie intrinsèque au sexisme : la femme est passive et l’homme est actif. On remarque, d’ailleurs, que le sujet des devoirs n’est abordé que dans le tableau masculin, comme si les petites filles elles, n’en avaient pas. On peut considérer que Pierre et Vacances – ou du moins leur concepteur- a un bon demi-siècle de retard.

Et les parents dans tout ça ?

Oui, parce que jusque là j’ai essentiellement parlé des enfants qui endossent des rôles d’adultes. Mais si l’on regarde de plus près les interventions des adultes on n’est pas déçu non plus côté sexisme. Déjà, en bonne pub oedipienne le père vient voir les filles et la mère les garçons. Soit. Ce qui me titille un peu du côté du féminisme, c’est que le père adopte un ton bienveillant, rassurant alors que la mère est une sorte de folle hystérique qui crie pour que le petit aille faire ses devoirs. Si l’on résume ces deux spots publicitaires : les femmes sont oisives, passives, n’ont pas trop de sujet de conversation mais sont totalement déglinguées et hurlent comme des vieilles chouettes perdues…

Pourquoi pas de mixité ?

Quand j’ai regardé ces deux publicités je me suis dit que l’idée de base était très bien. Dans une société ultra-tournée vers nos chères progénitures rien ne parle plus aux parents que le visage des enfants. Mais pourquoi ne pas avoir fait parler des enfants entre-eux, sans les cloisonner par rapport à leurs sexes ? Oui, parce qu’en fait les filles et les garçons savent parler entre-eux… c’est fou.

Et sinon, vous partez-où cet été ?

Jul

Sinon, êtes vous vraiment certains que  » c’était mieux avant ? »

Une du magazine "lui". lui2 lui3 lui5 lui142 lui153

Quand je regarde ces couvertures de magazine, je suis vraiment contente de l’époque dans laquelle je vis. Elle est imparfaite, certes, mais finalement, elle me convient presque. Que voit-on sur ses unes ? La soumission, la vision rétrograde de la  femme toute disposée à la sexualité de ces messieurs. Du gros plan sur les seins gélatineux jusqu’à la pin up dans sa voiture, de la soubrette à la skieuse qui a oublié de s’habiller en passant par l’aventurière dénudée… Non, je ne regrette pas le magazine « Lui », mort dans les années 1990.

Pourtant, il semble qu’il y’ait des nostalgique de cette époque où il y’avait Bobonne à la maison et Salope dans les médias. L’homme d’affaires Jean-Yves le Fur s’apprête – avec l’aide de Frédéric Beigbeder – à faire renaître de ses cendres le vieux magazine machiste. Et Beigbeder de se réjouir que le nu, de nos jours, ne choque plus.

Oui, sauf qu’il y’a le nu artistique, intimiste, qui met en valeur les courbes, et la sensualité. Puis il y’a le nu utilisé comme mode d’asservissement, qui met les fesses d’une skieuse en avant comme un vulgaire cul à prendre, et rien d’autre. Excusez-moi des termes, mais il faut parler plus fort que les images.
Violon d'Ingres, Man Ray

Lorsque j’ai lu, je ne sais plus où, que le magazine « Lui » allait être réedité, je suis allée voir les archives des couvertures, c’est n’est qu’une succession de femmes nues, disposées au désir masculin. Vous pouvez déjà en voir un petit florilège ci-dessus. Celle de la fille nue, enchaînée et à genoux est celle qui me choque le plus. Vous ne pouvez pas le voir mais c’est écrit « Pour ou contre la libération de la femme » … le message est éloquent.

Après on peut toujours dire que le nouveau « Lui » ne ressemblera peut-être pas à son ancêtre. Mais, s’ils avaient voulu changer la ligne éditoriale, ils auraient créé un nouveau magazine et n’auraient pas ressorti ce vieux torchon machiste de derrière les fagots.

Jul

Mind the gap, Boris !

On ne peut pas dire que cette semaine politique et féminisme aient fait bon ménage. Après que  Valérie Pécresse ait glissé sur une pampers sale, c’est Boris Johnson, maire de Londres, qui s’est vautré dans le sexisme. Un peu  comme s’il avait buté sur la margelle en montant dans  métro, lors de l’inauguration du forum économique islamiste de Kuala Lumpur, il a déclaré que les femmes allaient à l’université pour « trouver un mari. »…

mind_the_gap

Vous connaissez l’histoire de « paf Boris » ? Là le Boris, il se retrouve étalé à plat ventre, tout seul, comme un con. Rions nous de lui, ne lui tendons pas de main amicale. Non, non ! Mind the gap  Boris !

Plus sérieusement, je ne sais pas pour vous, mais je commence à en avoir plus qu’assez de ces hommes qui se croient – à tort- porte-paroles de la gent féminine. Il y’a un mois, François Ozon m’apprenait, qu’en tant que femme, mon désir profond était de me prostituer, et, aujourd’hui, c’est le maire de Londres qui compare –pour ne pas dire « rabaisse »- mon parcours universitaire à un vulgaire site de rencontre.

Je pense à mes amies étudiantes : Lettres, histoires, politique, relations internationales, droit…autant de parcours pour autant d’ambitions. Et c’est bien pour cela que je suis en colère.  Pourquoi vouloir enfermer la femme dans la dépendance ? Pourquoi nier leur intérêt pour le savoir, et la réussite, en balayant d’un revers de mains leurs parcours professionnels. Non, monsieur Johnson, je n’étudie pas pour trouver au détour d’un couloir celui qui m’entretiendra. D’autant plus qu’ayant fait le choix d’études littéraires, avec deux mâles par promos on aurait frisé le combat de gallinacées.

Croyez-vous vraiment qu’après deux, trois, cinq ou peut-être dix années d’études, diplômes et distinctions en poches, les femmes rentreraient à la maison, faire cuire les pâtes, laver les chaussettes de monsieur et attendre de se faire culbuter le soir ?

Je ne sais pas avec quelles lunettes vous regardez le monde de 2013, mais ça me donne nausées et vertiges.

Jul

En tout cas, elle en tient une couche !

Ce qu’il y a parfois d’un peu fatigant, avec le militantisme, quel qu’il soit, c’est que tu peux te lever d’humeur tout ce qu’il y a de plus joviale et tomber sur une atrocité qui fait bouillir ton sang et qui tue ton groove pour quelques heures. Terrible fardeau, s’il en est.

La coupable désignée de mon énervement matinal du jour n’est autre que Madame Valérie Pécresse, actuellement députée des Yvelines et secrétaire générale déléguée de l’UMP. Farouchement opposée au projet de loi sur le congé paternité, l’ancienne ministre est à l’origine d’une pétition, lancée le 17 juin, contre la loi. Dans une interview donnée au Journal des Femmes, elle explique son point de vue sur la question.

Au delà du débat sur le congé paternité, et sur sa nécessité, ce qui n’est pas vraiment le sujet de cet article, j’aimerais revenir sur certains propos tenus par la dame lors de cet entretien.

En substance, elle explique que les pères devraient pouvoir choisir le moment de leur congé paternité, qui ne devrait pas forcément avoir lieu quand les enfants sont en bas âge, mais plus dans des moments plus critiques de la vie d’un jeune, notamment l’adolescence, qu’elle dépeint d’ailleurs comme une période bien sombre. Parce que c’est bien connu, les adolescents ne sont qu’une bande de drogués en décrochage scolaire. Mais de panique, les amis, les papas sont là, puisque, je cite, «c’est à ce moment que l’on aurait le plus besoin des pères, notamment parce qu’ils sont une figure d’autorité.»

Voilà, le gros mot est dit : le père est une figure d’autorité. Alors, déjà, on comprend mieux pourquoi les enfants vivant dans des familles monoparentales ou homoparentales uniquement féminines sont plutôt mal partis, parce que personne n’est là pour leur apprendre les règles de la vie en société, pauvres gosses. Car oui, une femme est forcément un être doux et attentionné, qui câline, écoute son enfant et ne dit jamais un mot plus haut que l’autre. L’homme par contre, le mâle, viril, tout le monde l’écoute et respecte son avis, parce que faut pas déconner non plus.

C’est pour cette raison que l’homme ne peut pas prendre de congé paternité quand l’enfant est en bas âge. Surtout que «cela sera socialement mieux vécu par les entreprises de voir les pères s’impliquer dans des problèmes un peu plus compliqués». Bah oui, il ne faudrait pas non plus que l’homme viril passe pour un père attentif qui s’occupe trop bien de son rejeton, on pourrait le prendre pour une tapette ou pire, une femme. Déshonneur suprême, si je comprends bien.

Le mâle, donc, doit s’occuper de problèmes plus compliqués dans la vie de son enfant. Mais plus compliqués que quoi ? Madame Pécresse nous répond sous forme de question : «Pensez-vous que le plus grand nombre sont les pères qui ont envie de changer des couches ?». Mais je vais vous dire, Madame, les femmes non plus n’aiment pas changer les couches. Personne n’aime changer une couche. Mais peut-être que les femmes aiment avoir les mains dans la merde (appelons un chat un chat), ce qui expliquerait leur plus grand nombre dans les métiers d’aide à la personne (infirmière, aide soignante, …). Peut-être même que les femmes sont génétiquement modifiées, pour développer ce goût en même temps que leur soi-disant «instinct maternel». Formidable découverte scientifique que vous tenez là, madame Pécresse. Étonnant, d’ailleurs, pour une femme.

En tout cas, elle en tient une couche !
Cette vision rétrograde et archaïque de la façon d’élever un enfant nous fait donc revenir pas mal d’années en arrière : avec une mère qui s’occupe des tâches ingrates, dans l’ombre – puisque seule la valorisation sociale de l’homme compte, apparemment – et un père qui seul peut résoudre les problèmes existentiels de son gamin.

Une fois encore, je ne sais pas trop ce qui m’énerve le plus dans cette histoire. Qu’une personne puisse encore penser et dire de telles aberrations en 2013, ou que cette personne soit une femme.

Dans tous les cas, je ne vous salue pas, Madame Pécresse.

Just